One Man Weapon - Film (1994)

Film de Michael Preece Action, aventure, policier 1 h 37 min 26 janvier 1994

Beretta, , un agent spécial d'Interpol, reprend du service et demande de l'aide à Arnold Schwarzenegger pour venir à bout des trafiquants responsables de la mort d'un ami.

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One Man Weapon - Film (1994)

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CINEMA
Critiques : avis d'internautes

En 2013, Elephant films propose en DVD ce qui semble être un nouveau film d'Arnold Schwarzenegger. L’acteur autrichien trône sur la jaquette, l'arrière nous informe d'un « retour tant attendu d'Arnold Schwarzenegger dans un actioner inédit », « un retour aux sources pour l'une des plus grandes stars du cinéma d'action de tous les temps ».

Une bonne blague, car il n'apparaît que cinq minutes dans le film. Rien de l'avant de la jaquette ne concerne ce film, et le responsable du marketing a très grossièrement tordu la réalité pour le pitch. Beaucoup de personnes se seront faites avoir, les commentaires énervés des clients sur Amazon ou la FNAC sont nombreux.

S'il a été décidé de mettre en avant Schwarzy, c'est pourtant un autre homme qui est le centre du film. Franco Columbu est l'acteur principal, mais aussi le scénariste et le producteur. Compétiteur musclé, c'est dans les salles d'entraînement et les concours qu'il a rencontré Arnold. Une véritable amitié s'est nouée entre eux, et ce dernier lui a offert quelques clins d’œil ou rôles mineurs dans ses films. Culturiste, homme de cinéma, et même chiropracteur depuis, il s’agit d’un curieux bonhomme qui fait commencer son film par un long texte déclarant qu'il aime sa Sardaigne natale, qu'il est désolé d'y voir la drogue sévir et qu'il salue tous ceux qui s'opposent aux trafiquants de drogue. Le ton est donné, ce sera « son » film contre la drogue.

Le personnage principal est d'ailleurs une version fantasmée de lui-même, Franco Beretta, un gros balaise plus culturiste que cultivé. Ancien membre d'Interpol, il reprend du service quand il apprend que sa belle île est convoitée par des trafiquants de drogue. Soyons honnête, il n'a en rien le physique d'agent de services secrets, avec sa corpulence trapue, ses cheveux clairsemés ou son accent encore plus prononcé que ceux des acteurs jouant les habitants. Sûr de son physique dans le film, il est, en outre, apprécié de tous, et c'est évidemment ce bon samaritain qui va sauver l'île. Il est alors accompagné de deux jeunes femmes membres des Stups, heureusement la moins belle périra très vite, et de ses amis sur place.

Ce scénario forcément indigent de lutte contre des trafiquants de drogue n'est pas avare en éclipses temporelles ou en éléments scénaristiques hautement improbables, comme cette alliance entre lui et les Stups, apportée dans le film par dessus la jambe. Et, surtout, malgré la haute importance de ce combat, sans cesse rappelée par Beretta, ce dernier n'hésite pourtant pas à faire de nombreuses « pauses ».

Ces intermèdes visent à présenter la Sardaigne, comme autant de cartes postales souvent un peu folkloriques, peut-être même déjà dépassées à l'époque, mais qui représentent ce qu'est l'île selon Franco. Puisqu'il ne faudrait pas oublier qu'il est avant tout un homme de muscles, bien qu'on le voit souvent torse nu, Beretta s'entraîne physiquement deux fois, et la première est donc avec Arnold Schwarzenegger, dans un curieux mélange vestimentaire d'ailleurs. Les deux s’entraînent mutuellement, montrent qu'ils sont copains, et voilà, le clin d'oeil amical, la caution commerciale du film est passée. On découvre la Sardaigne folklorique avec rien que moins qu'un combat de boxe, une course de chevaux, des danses folkloriques dont les « acteurs » tirent une tronche pas possible, une messe et bien sûr un peu de chant traditionnel. Franco Beretta est à chaque fois présent, y compris pour pousser la chansonnette, dans un étrange défilé de clips touristiques à contre-point de l'urgence du combat contre les vilains trafiquants !

Le scénario n'étant pas son fort, on ne s'étonnera plus qu'il use de quelques ficelles jusqu'à la corde. Parmi celles-ci on répertoriera trois courses-poursuites, quasiment toujours dans les mêmes rues, avec un Franco Beretta pourtant peu crédible avec ses courtes pattes. Et, à deux reprises, Beretta laisse croire qu’il est mort, mais en fait non, ouf. A deux reprises !

On s’inquiétera peut-être un peu plus du traitement de la femme. Sa « partenaire », incarnée par la gracieuse Elizabeth Kadian, pourtant membre des Stups, ne fait rien de son séjour, si ce n'est se promener, être menacée, agir mollement pendant les scènes d'action et, évidemment, succomber au charme de Franco Beretta. Les autres personnages féminins n'ont guère plus d'éclat, laissant l'action aux garçons, dans une vision, pardon pour le cliché, « à l'italienne ».

Tout ce que fait le film, il le fait donc mal. Y compris dans ses scènes d'action, le coeur d'un tel film. Les coups échangés le sont à trois kilomètres, c'est particulièrement flagrant dans le combat de boxe. Les fusillades se font au mépris des positions des acteurs entre leurs scènes, et la précision de certaines armes malgré les distances est fascinante.

Il manque à tout le film quelqu'un qui aurait réagi de manière logique aux imprécisions et faux raccords du film, qui en est truffé. Un producteur, un réalisateur, un monteur, que sais-je, et on peut se demander ce que faisaient vraiment ceux en charge de ces postes. Probablement la sieste. Quand quelqu'un observe une autre personne à travers les jumelles, cela se fait au travers d'un mur qui se trouve pourtant entre eux. Personne ne s'est inquiété de jouer deux scènes pourtant successives dans le même décor : vers la fin du film, le dernier méchant est dans une crique, facilement identifiable. Pourtant, quand les gentils arrivent, ils passent par ce décor, sans que le bad guy y soit, avant de s'y retrouver dans la scène suivante. D'autres exemples du même type existent. Question faux-raccords, il ne faut pas manquer la position de la mallette noire lors de la scène d'assaut de la villa, qui devait se mouvoir toute seule grâce à ses petites roulettes. On peut apercevoir un membre de l'équipe technique se baisser, un peu trop tardivement, lors d'une fusillade. Mais je crois que l'amateurisme est rapidement perceptible quand on se rend compte à quel point le film est truffé de regards vers la caméra par des figurants probablement locaux, qui n’ont probablement pas été avertis de ne pas le faire. A moins que c’étaient des demandes à l’aide pour les sortir de là. Je ne reverrais probablement jamais un tel nombre de regards vers la caméra, je laisse le soin aux curieux de les identifier tous, dans une entreprise qui serait titanesque.

Le titre original est « Beretta's island », hautement moins explosif que One man weapon certes, mais il pourrait tout aussi bien s'appeler « Franco Columbu's film ». Tout à la gloire de lui-même, faussement dissimulé derrière ce personnage fort en muscles, bon vivant, grand séducteur, agent secret, homme d'action, bon samaritain, Sarde pur jus, et j'en passe. Malgré, rappelons-le, un physique pas très hollywoodien, tout comme le jeu d'acteur. On comprendra que le message introductif cherche à atténuer l'égo qui transpire du film. Mais il n'en reste pas moins que le personnage reste sympathique, peut-être parce que le spectateur est conscient de ses petits mensonges.

Mais il faut bien accepter le fait que le film n'est rien de moins qu'un nanar, et un bon. Avec son personnage principal « too much », son scénario bas du front très années 80, son côté carte postale incongru, et, bien sûr, le manque total d'une quelconque cohérence éditoriale, un professionnalisme très relatif, un film bourré de petites imperfections parfois en gros plan, parfois plus subtiles. Et, bien sûr, pour cette édition française, le mensonge putassier de sa jaquette. Un très bon exemple de ce qu'il ne faut pas faire, et donc qu'il faut voir.

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