Generation Kill - Série (2008)

Série de David Simon et Ed Burns Drame, guerre et mini-série 1 saison (terminée) HBO 1 h 08 min 13 juillet 2008

Le reportage d'Evan Wright, le journaliste de Rolling Stone, qui suit le 1st Reconnaissance Battalion des Marines durant l'invasion de l'Irak en 2003.

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Generation Kill - Série (2008)

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CINEMA
Critiques : avis d'internautes

Une série sur la guerre, ça n’est a priori pas fait pour les femmes. Et mes amies féministes qui traînent par ici pourront bien hurler au sacrilège en avançant l’idée que ce propos est digne du plus barbu des talibans, faut avouer que de prime abord, une femme, si ce n’est pour reluquer trois paires d'abdos et deux uniformes, ne devrait pas y trouver son compte. A part peut-être Mme Thatcher. Et je confirme la règle. Des bonshommes qui dégomment à tout va, et qui font des concours de celui qui a la plus longue, ça a tendance à me laisser de marbre. Seulement voilà : quand David Simon et Ed Burns, les géniteurs de la plus incroyable série du monde, j’ai nommé The Wire, s’y collent, ça n’est plus la même histoire. Le doute est permis.

Après avoir ébloui la planète sériephile avec leur chef d’œuvre, Simon et Burns adaptent un livre, rédigé par un reporter du magazine Rolling Stones, Edward Wright, également scénariste ici. Infiltré plusieurs mois au sein d’une unité de reconnaissance des Marines, il compile ses articles et en tire un roman, qui dresse un portrait sans concession de ce corps d’armée mondialement réputé, et qui couvre les trois premières semaines de l’invasion américaine, pendant l’Opération Liberté Irakienne. Road-trip en 7 épisodes, Generation Kill suit donc cette unité envoyée en première ligne, du Koweit où elle est basée, jusqu’à Bagdad, but final de leur mission.

Loin d’être une ode à la gloire de la grande armée américaine, Generation kill nous présente des soldats surentraînés, prêts à en découdre, trépignants dans leur campement koweitien, impatients de « tuer de l’arbi », sans pour autant nous amener à les rejeter en bloc. En effet, par son écriture intelligente, la série évite tout manichéisme et offre un large panel de personnalités, de motivations et de caractères différents. Les Marines constituent un microcosme de la société américaine, avec ses diversités culturelles, ethniques, sociales et les bavardages incessants entre deux trajets, les petites querelles entre mexicains et blancs, entre étudiants et taulards, sont à l’image de ce qu’ils peuvent vivre chez eux. Ils sont, en Irak, comme à la maison.

Et si les personnages, à l’instar de The Wire, sont nombreux, certains marquent le show, pour des raisons diverses : le sergent Brad « Iceman » Colbert (charismatique Alexander Skarsgard) , professionnel au sang-froid ; son opérateur radio, Ray Person (James Ransone, l’inoubliable Ziggy de Sur écoute), bavard, très bavard et fournisseur de théories plus farfelues les unes que les autres sur l’invasion, le duo offrant des moments légers, même comiques, par leurs chants ou les punchlines qu’ils aiment se balancer ; le caporal Tromblay, jeune bleu impatient de tuer et aussi excité que sur sa console de jeu ; Edward Wright, le reporter de Rolling Stones, témoin privilégié donc, effrayé et fasciné à la fois ; le lieutenant Fick, calme et n’hésitant pas à braver ses supérieurs pour le bien de ses hommes ; le Capitaine McGraw, « Captain America », toujours sous tension et à moitié fêlé ou encore le Colonel Ferrando, alias Godfather, qui parle de lui à la troisième personne, et aux premières loges des hommes à blâmer pour cette opération.

Car le sujet majeur de la série, outre la vie quotidienne des Marines sur cette mission, est l’incompétence caractérisée et généralisée du commandement. Aux antipodes de ce que la presse nous vend habituellement sur la grande armée US et son professionnalisme, et en particulier sur son incroyable réussite en Irak, Generation Kill nous présente, a contrario, les plus grands manquements qu’il est possible de rencontrer : approvisionnements au compte-goutte, communication absente entre plusieurs unités opérant sur le même lieu et au même moment, tirs amis essuyés, hiérarchie manipulatrice qui n’hésite pas à envoyer ses soldats au casse-pipe dans l’optique d’une médaille décernée en haut lieu, ordres qui se contredisent, matériel défectueux et pièces de rechange non livrées, etc. Les erreurs sont légion.

Les arbis auront pas not’ peau. Mais la hiérarchie, oui … Ceux qui mènent cette guerre ne cessent de faire n’importe quoi. Tant qu’on reste chanceux et en vie, ils continueront à répéter les mêmes erreurs.

Au-devant du danger, ou confinés à des tâches secondaires, ces Marines ne sont jamais utilisés à ce pour quoi ils ont été formés, d’où un énorme sentiment de gâchis, que le Sergent Colbert exprime de manière on ne peut plus efficace :

Nous voilà tels des Ferrari dans une course de stock-car

L’autre atout majeur est, une fois de plus, l’aspect quasi-documentaire du programme. L’utilisation de termes techniques, pour beaucoup incompréhensibles, pourtant loin de nous laisser sur le carreau, servent la crédibilité du propos. Nous sommes entraînés, par la réalisation, dans une immersion parfaite, au plus près lors des combats, ou sur des plans plus larges des paysages irakiens (ou plutôt ceux de l’Afrique du Sud, entre autre). L’absence totale d’accompagnement musical, si ce n’est les chants improbables de Brad et Ray, et un titre final du grand Johnny Cash, parfait un réalisme saisissant, la bande sonore étant principalement constituée de transmissions radio, jusqu’au générique même.

Generation Kill n’a clairement rien à envier à The Wire en termes de qualité et de grandeur, et pourrait même en constituer la suite logique. Après avoir creusé la police, les gangs, le système éducatif, la politique ou le journalisme, il restait à aborder l’armée. C’est chose faite et de quelle manière ! Quant à David Simon et Ed Burns, ils m’ont rendue totalement addict, sacrément subjuguée, carrément passionnée avec une série qui traite des Marines envahissant l’Irak ! Moi ! Moi qui aime me pavaner dans les rues, arborant fièrement mon tee-shirt I ♥ Assange devant et Fuck Obama derrière ! C’est dire s’il y a du niveau et surtout si cela confirme leur génie. Alors gloire à vous, les gars. Gloire à vous.

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