HERVE COQUEREL [ LOUDBLAST / BLACK BOMB A ]

1- Salut ! Pour commencer, je pense qu’on peut se passer de la présentation habituelle, mais je trouverais intéressant que tu nous dises comment tu te décrirais rapidement.

Salut, alors exercice difficile. Disons heureux batteur de 2 groupes majeurs dans leurs styles respectifs et pas prêt de s’arrêter!!!

2- Comment as-tu découvert le Metal. Quelles ont été les grandes lignes de ton rapport à cette musique depuis ?

J’ai découvert le hard rock à mon entrée au collège a l’âge de 11 ans grâce à des redoublants plus vieux qui écoutaient AC/DC… J’ai ensuite cherché de mon côté et découvert tant de groupes que j’étais piqué… Et je le suis toujours. J’avoue ne pas trop suivre tout ce qui se passe il y a trop de courants différents j’écoute par-ci par-là grâce aux amis mais je reste fidèle à ce que j’écoutais dans mon adolescence.

3- Peux-tu nous parler de ton expérience en tant que musicien. Ton parcours tout d’abord, mais aussi les expériences importantes dans la compréhension de ton instrument, du travail de groupe ou de composition, etc…

Alors je suis guitariste au départ. J’ai joué dans quelques groupes et me suis mis à la batterie par hasard. J’aimais en jouer sur les kits des batteurs avec lesquels je répétais et je m’en sortais plutôt pas mal. Mon 1er groupe en tant que batteur s’appelait Scrotum. On a eu un petit succès de 86 à 92 dans le nord de la France et en Belgique. J’ai intégré Loudblast en 1992 et j’y suis toujours! En 2002 j’ai été contacté par Mario qui était à l’époque bassiste de BBA pour jouer avec eux, au départ sur une tournée… et j’y suis toujours, un vrai bonheur. L’approche est très différente dans les 2 groupes. Avec BBA on part sur une idée de riff et on bœuf direct tous ensemble jusqu’à trouver la bonne formule, et ça fonctionne très bien comme ça! Avec les Loud c’est plus de travail en préprod sur ordi et ensuite répétitions et mise en forme des titres.

4- Est-ce que tu te penches parfois sur l’aspect technique de la prise de son mixage ou est-ce que ça ne t’intéresse pas vraiment ? Quels sont selon toi les aspects importants à prendre en compte de ce point de vue, les éléments qui te semblent importants pour faire sonner une batterie lors d’une prise de son ?

Je ne suis pas du tout fan de l’étape studio ; ni pour la batterie, ni pour le reste. Le mixage oui mais ça me lasse vite…. Je fais une totale confiance à l’ingé à qui on confie les prises de sons (choix des micros, placement, etc.) mais avant tout une batterie bien réglée est déjà l’atout principal d’une bonne prise de son.

5- Avec le recul et l’expérience qui est tienne, quels conseils simples pourras-tu donner à un batteur ayant peu d’expérience mais qui compte se perfectionner niveau rendu sonore de son instrument ?

Tester des peaux, s’ouvrir et écouter les conseils. J’ai enregistré 16 albums studio depuis 1992 et à chaque fois j’ai appris des autres, tant au niveau des réglages qu’en choix de matériel.

6- Quels sont les albums dont le son te bluffe le plus?

Le Black album Metallica, le dernier BBA évidemment. Les albums de Tool et bien d’autres. 7- L’album sur lequel tu as joué dont tu es le plus fier au niveau de ton jeu et de ton son ? Sans hésiter Sublime Dementia de Loudblast. Mon 1er album, en Floride, avec Scott Burns le pape du death metal de l’époque ; et le dernier de BBA car M. Caste (NDLR : Francis Caste, ingé son et producteur) m’a fait sortir de ma zone de confort… et ça, ça fait du bien.

8- Tu connais TSE pour avoir déjà participé à une session. Quel souvenir en gardes-tu avec le recul ? Que penses-tu de l’intérêt de l’exercice, que ce soit pour les participants ou pour le groupe ?

Tout d’abord un exercice inédit placé sur le partage des expériences de chacun. De vraies rencontres dans un cadre différent qui est d’ordinaire intime au groupe. J’étais stressé au départ vu que le studio n’est pas mon moment préféré de musicien mais au final j’ai bien kiffé comme on dit. Très heureux de renouveler ça avec BBA.

9- Enfin une petite anecdote perso, je garde un souvenir ému de Loudblast à la maison de quartier de Cergy St-Christophe en 94 ou 95. La date où a été enregistré le live The Time Keeper me semble-t-il (même si j’ai été un poil déçu du rendu sur album pour ne rien te cacher). J’étais en terminale, c’était mon deuxième concert de metal extrême je pense. J’ai été scotché par ton jeu et par le son du groupe qui était vraiment clean et puissant. Je ne pensais pas que c’était possible d’avoir un tel rendu live dans le genre à vrai dire. En tant que musicien ou même en tant qu’individu, quel serait d’après toi le plus gros changement qui s’est opéré en toi ou dans ta façon de voir les choses depuis cette époque ?

Tout d’abord merci pour ces compliments et ce retour en arrière qui me rappelle une période faste de Loudblast!! Je n’avais à l’époque que 3-4 ans d’ancienneté dans Loudblast et ce live a marqué la fin d’une très grosse tournée pleine de moments forts! Alors maintenant, 24 ans après, et bien l’expérience, les rencontres, m’ont rendu plus serein sur l’avenir, c’est à dire que quoi qu’il arrive, tout ce qui vient, je le prends et j’y vais à fond!

Propos recueillis par Fabien Longeot pour TSE