BORIS LE GAL [ BETRAYING THE MARTYRS ]

1- Salut Boris ! Ton parcours est assez impressionnant pour un batteur venu tout droit des côtes bretonnes. Peux-tu nous en dire plus ?

Bonjour et merci du compliment. J’ai commencer à prendre des cours de musique classique pendant 3 ans, j’ai ensuite arrêté pour me concentrer sur mes groupes de metal qui étaient Bumbklaat et RAZ à l’époque. J’ai ressenti une envie d’apprendre plus de mon instrument en 2004 et je suis donc allé dans une école de Jazz qui était Dante Agostini à Nantes pendant 4 ans et je me suis servi de tout ce parcours et de ces connaissances acquises pour aller a la Drumtech de Londres en 2008 pour un cursus intensif d’un an.

J’ai passé 10 ans a Londres et j’ai pu jouer pour des groupes tel que Chimp Spanner (UK), NeonFly (UK), Periphery (US), The Algorithm (FR) et bien d’autres. Je suis devenu le batteur de Betraying The Martyrs (FR) en 2015 après avoir joué pendant 2 ans en tant que session avec eux.

2- Pour avoir eu le plaisir de t’accueillir à la première édition de THE STUDIO EXPERIENCE avec BETRAYING THE MARTYRS nous avons pu voir quel batteur précis et punchy tu étais. As-tu travaillé spécifiquement ce type de jeu ? As-tu des exercices réguliers que tu pratiques ?

Oui j’ai particulièrement bossé ma précision à travailler et à jouer avec un clic quasiment tout le temps, je dit souvent à mes élèves que le clic est leur meilleur amis (rires) !
De nos jours, quand tu veux devenir un batteur de session, il faut être prêt a jouer au clic avec des samplers car la majeur partie des groupes modernes utilisent ce genre de système en live. Je ne dis pas tout le monde car cela dépend du style de musique aussi mais dans le monde du metal en tout cas ceci est très répandu.

Je ne pratique plus trop “d’exercices traditionnels” quotidiennement mais je peux vous donner une méthode que vous pouvez appliquer sur chaque exercices quand vous travaillez la précision avec un clic. En gros le but du jeu est de réussir à faire disparaître le clic quand tu joues en même temps. Lorsque je joue et que j’entends encore le clic, cela veut dire que je ne suis pas vraiment sur le temps. C’est un de mes profs à la Drumtech qui nous avait démontré ça et j’avais été bluffé, il jouait un exercice parfaitement et on n’entendait plus le clic dans la classe et dès qu’il faisait exprès de se décaler légèrement, là on ré-entendait le clic.

3- Ton approche de la batterie est très consciencieuse. Comment prépares tu tes sessions d’enregistrement en studio ?

La Drumtech, principalement, m’a appris comment apprendre des morceaux et écrire des partitions rapidement pour être capable de tout jouer quand on t’appelle à la dernière minute pour un remplacement ou autre.
La technique que j’utilise est dans un 1er temps ne pas prendre les baguettes et juste écouter le titre, je vais ensuite écrire la structure du morceau en 1er et en 2eme je vais identifier les parties où je dois vraiment écrire une partition car il y a des patterns trop compliqués pour s’en souvenir rapidement. Ce n’est qu’une fois ce travail effectué ou je vais aller sur ma batterie pour pouvoir jouer le morceau normalement sans accrocs. Petite anecdote, quand Periphery m’ont appelé pour remplacer Matt Halpern pour une tournée ils m’ont donné 6 jours pour apprendre le set. Sans cette méthode et le fait de pouvoir lire mes partitions sur scène je n’aurais pas pu accepter cette session par exemple car il y a beaucoup de parties difficiles à mémoriser dans Periphery.

4- Quel type de matériel utilises-tu et pourquoi ?

J’ai le privilège d’être endorsé en tant qu’artiste international par Zildjian et j’ai donc l’honneur de jouer sur les meilleurs cymbales du monde. Je joue sur un set de K Custom Dark que j’apprécie énormément en ce moment. Pour les baguettes je suis chez Vater et j’utilise soit les Session soit les 5A classique. Je suis endorsé par Evans pour les peaux et pour avoir le meilleur de ma batterie j’utilise les G2 sur les toms, EQ3 pour la grosse caisse et la peau de caisse claire Hybrid pour le live. Je suis toujours à la recherche d’un endorsement de batterie solide mais pour le moment j’ai une Crush Drums en érable et frêne qui est très bien pour le live.

5- Beaucoup de musiciens rêvent de partir, comme toi, sur les routes du monde entier pour jouer leur musique. Quels conseils pourrais-tu leur donner pour y parvenir ?

Être sur la route fait rêver beaucoup de monde et c’est vrai que c’est hyper cool de partager ces moments avec le public mais pour en faire son métier il faut vraiment avoir un moral d’acier car cela peut être usant quand tu es sur la route plus de la moitié de l’année. Sans mentionner l’aspect financier qui peut être très compliquer quand tu débutes.

6- Es-tu un habitué de la MAO ? Si oui comment t’en sers tu ?

Je ne suis pas très doué pour la MAO non, j’utilise Logic et Superior drummer de chez Toontrack pour pourvoir enregistrer des démos de batterie mais mes compétences sont limitées sur le sujet.

7- BETRAYING THE MARTYRS est rentré en studio il y a peu de temps pour donner naissance à son 4eme album. Peux-tu nous en dire plus sur le processus de preproduction?

Pour cet album nous avons opté pour une approche différente de ce qu’on avait fait pour The Resilient, l’album précédent. Cette fois-ci nous sommes allés s’enfermer dans un studio à la campagne avec rien autour pendant 2 semaines en se disant qu’il serait bien d’en sortir 10 morceaux. Nous avions 2 setups, 1 acoustique où on jammait des idées et 1 setup électronique où on enregistrait les idées. On a réussi a avoir 10 morceaux et on sent l’approche plus spontanée et plus lourd sur l’écoute de cette album en général.

Nous allons jouer un nouveaux titres en live sur notre prochaine tournée en support de August Burns Red du 14 Novembre au 16 décembre en Europe.

8- La question qui intéresse tous les batteurs : 300bpm ou un bon 150bpm qui tabasse ?

150 bpm qui tabasse any day.

9- Ton pire moment en live ?

C’était cet été a un festival en Suisse où on jouait après Cannibal Corpse. En gros on a eu notre laptop/samplers qui a coupé pendant l’intro, deux fois, donc on a dû sortir de scène, deux fois, et nous n’avons pas pu jouer le set avec les samplers au final…

10- As-tu un drum kit différent pour le live et pour le studio ? Si oui pourquoi ?

Oui car mon kit est très bien avec un son très perçant et précis pour le live mais il va manquer un peu de chaleur et de rondeur dans le bas pour le studio. J’ai utilisé une Tama Starclassic Maple pour l’enregistrement de notre 4eme album et j’ai adoré ce kit.

12- Et… Le mot de la fin !

Merci à TSE et à vous qui avez lu cette interview jusqu’à la fin (rires) !

Question bonus : quel est ton sentiment sur les formations dispensées par THE STUDIO EXPERIENCE ?

Je trouve ça vraiment intéressant et ce sera bénéfique pour tous ceux qui iront s’inscrire et participeront a ces formations.